Vive la rose

Pour éclairer la journée encore frisquette et tristounette, une douzaine de roses ! ça ne peut pas faire de mal. 

dimanche 26 mai 2013 11:25 , dans Mes photos


Philosophie

Un peu triste, quand même, de voir partir sa gueule de métèque vers les prairies du grand repos.

jeudi 23 mai 2013 12:42 , dans Musique


Je ne passe pas souvent ...

mais en plus on fait que me contrarier par ici ! Désolée pour mes nombreux amis chez Blogzoom et Blogourt : pas moyen de les atteindre ! Une autre fois, peut-être ... enfin j'espère que ce n'est pas bis repetita de la mauvaise plaisanterie de RMC !

mardi 14 mai 2013 23:11


un peu de lecture ?

LE CERTIFICAT D’ÉTUDES

Pourquoi m’a-t-elle infligé cette épreuve, à moi, sa petite fille modèle sage et studieuse ? Plus d’un demi-siècle après, je me le demande encore, le rouge aux joues, un tremblement dans la voix. Pourquoi ?

J’avais « sauté » le cours préparatoire car je lisais et écrivais parfaitement lorsque j’eus l’âge d’aller à l’école où jamais je ne connus une moyenne inférieure à 8,5/10. J’aurais certainement frôlé les 10/10 sans mon talent certain pour la conversation et sans le redoutable système des bons points, jugé aujourd’hui bien trop traumatisant pour les petits depuis la fin du XXème siècle.

Le bon point était la monnaie de la conduite ; les élèves bien sages, assidus, attentifs et studieux gagnaient des bons points. Dix bons points s’échangeaient contre une image, dix images contre un livre de la bibliothèque rose ou verte. Je ne sais plus : je n’ai jamais atteint le stade des images. En effet, tout écart de conduite nous valait la restitution d’un ou plusieurs bons points selon la gravité du délit. Arriver en retard, moins cinq ; tenue vestimentaire fantaisiste ou pas très nette, moins deux ou trois. Moi, je cumulais les bavardages à un point, et les interventions intempestives à deux points ; à la fin du mois, j’étais copieusement à découvert (déjà !) et la moyenne de mes notes était amputée d’un demi-point.

J’avais aussi un sérieux problème avec les leçons de morale dont je ne voyais pas très bien l’intérêt, n’ayant aucun sens de la culpabilité. Je glissais donc dans mes devoirs quelques touches d’humour fort peu appréciée qui altérèrent un peu ma superbe moyenne, mais pas ma morgue. Car j’avais du mépris pour la morale. Et je le payais cher.

À l’issue de la septième, en ces temps lointains, trois options s’offraient aux jeunes gens, en théorie selon leurs notes et leur potentiel. Moyenne basse et peu de potentiel vous dirigeaient impitoyablement vers la classe de fin d’études, sanctionnée par le certificat d’études primaires. Moyenne moyenne et potentiel moyen, le collège d’enseignement général (CEG) vous ouvrait ses portes jusqu’au brevet d’études du premier cycle du second degré (BEPC). Les moyens douteux et les bons moyens devaient se soumettre à l’examen de passage en classe de 6ème, dont le résultat les vouait au CEG ou au lycée. Les kraks dans mon genre passaient en 6ème sans examen, comme ça, les mains dans les poches, et ceux qui maintenaient leur vitesse de croisière jusqu’en 3ème faisaient également l’économie du BEPC et passaient en douce en classe de seconde, jusqu’au redoutable baccalauréat. Évidemment, j’étais admise en sixième sans examen, option classique, français-latin-grec-anglais première langue ; pas question de l’allemand pourtant réservé à l’élite, car ma mère avait développé une grosse allergie dans les années 40. Moi, je n’avais pas de préférence, j’ai donc approuvé, sans avoir été consultée.

Pourquoi, dans ces conditions, ma mère m’a-t-elle contrainte à passer le certificat d’études ? 

Son principal argument était qu’il fallait apprendre à se soumettre aux contrôles, aux examens, s’entraîner. « Et puis, tu n’auras peut-être jamais d’autre diplôme ! » Ça, ça m’a fait mal ; je n’avais jamais en effet envisagé cette possibilité. Mais je n’eus pas le temps de faire le tour de cette hypothèse car « de toute façon, tu n’as pas le choix, tu m’obéis, c’est tout ». C’était un refrain très à la mode, en ce temps là ; plus pour très longtemps, mais nul ne le savait encore. Je dus par conséquent me soumettre à ce que je considérais comme une humiliation : passer le certificat d’études, qui incluait l’épreuve suprême : chanter la Marseillaise ! Et en public !

Cette perspective me rendait malade. Elle m’empêchait de dormir, j’en cauchemardais en marchant, en mangeant, en me lavant les dents. Cette Marseillaise m’obsédait, me hantait. Bien sûr, j’en connaissais les paroles, au moins jusqu’au troisième couplet. Orchestrée par Berlioz et interprétée par les chœurs de la Marine, je trouvais même qu’il avait de la gueule, notre hymne national. Mais de là à le chanter toute seule, sans fanfare, devant des inconnus …

Le jour J arriva. Je renonçais à mes projets de fugue d’autant plus facilement que ma mère dont la confiance me touchait m’accompagna jusqu’à la porte de l’établissement où se déroulait l’examen ; ce fut la première et la dernière fois qu’elle m’accompagna à l’école …

J’attendis un bon quart d’heure dans une cours grise déjà peuplée de jeunes filles qui me regardèrent comme une bête curieuse. Ma tenue bleu marine-col blanc, mes chaussettes et ma grande natte les fit doucement rigoler. Elles avaient l’air de petites femmes, j’avais l’air d’un bébé. Elles feront moins les fières à la fin de la dictée … Une sonnerie retentit, des rangs se formèrent, les épreuves écrites débutèrent.

Sur ce terrain là, j’étais en confiance. La dictée fut même une partie de plaisir : l’institutrice prononçait toutes les liaisons ainsi que les e muets. Je terminais les épreuves de calcul en moins de vingt minutes et je pus aller rêvasser dans la cour toute seule, au soleil. À midi, retour à la maison. Je mis un point d’honneur à ne rien avaler, histoire de montrer à ma mère à quel point elle était cruelle ; peine perdue. À quatorze heures sonnantes, j’étais de retour à ce sinistre collège, escortée par ma grand-mère qui tenta de m’encourager : « Va, ma grande, tu en verras d’autres ! ».

Pas le temps de méditer cette prophétie bizarre ; début des épreuves orales : histoire, géographie … Et Marseillaise. L’estomac noué et gargouillant, j’attendis longtemps l’appel de mon nom situé dans la deuxième moitié de l’ordre alphabétique. Histoire et géo furent des formalités. De retour dans la cour, mes jambes flageolaient, mes tympans bourdonnaient et je faillis bien manquer mon tour.

Six candidates, deux examinatrices. Je vis à peine mes compagnes d’infortune, en revanche, je scrutais le visage des examinatrices. Une petite grosse dame blonde toute frisottée portant lunettes cerclées d’or, et une grande maigre et jaune comme les gens qui ont mal au foie et coiffée comme ma mère. Je choisis de chanter pour la petite grosse dame.

J’entonnais ma Marseillaise à grand-peine, car ma voix ne parvenait pas à sortir de mon gosier douloureux. À l’attaque du deuxième couplet, la dame aux lunettes souriait largement, et je perçus quelques ricanements derrière moi. Je m’étranglai presque.

–Bien, Mademoiselle, merci ! déclara la dame brune. Pour les paroles, c’est parfait ; mais pour la musique … avec qui avez-vous appris la Marseillaise ?
–Avec ma mère, Madame.
–Ah … elle n’est pas très musicienne, on dirait.
–Si, elle joue du violon.
–Eh bien ! Je vous mets six. Cinq pour les paroles, un pour la musique. Vous pouvez rentrer chez vous, Mademoiselle. Les résultats seront adressés à vos parents par la poste.

C’était fini ! J’étais libre ! Je courus jusqu’à la maison, m’offrit un énorme sandwich beurre-chocolat et me plongeais dans la lecture du Larousse en six volumes, mon encombrant livre de chevet. Je n’adressais pas la parole à ma mère pendant au moins deux jours. Sauf oui, non, bonjour, merci.

Quelques années plus tard, sonna l’heure du BEPC. Comme la moyenne générale de mes notes n’avait guère baissé, malgré un superbe 5/20 en mathématiques, je n’eus point besoin de me soumettre à l’épreuve de l’examen. Dès que j’eus reçu le joli diplôme calligraphié correspondant, je subtilisai dans le bureau de ma mère son pitoyable semblable et je mis le feu, dans le jardin, à mon certificat d’études primaires.
Ce petit texte est candidat à un concours d'expériences vécues sur le forum Saisons d'écriture 

vendredi 03 mai 2013 14:03 , dans Fragments et nouvelles


Reprises

Une très jolie reprise d'une chanson jadis interprétée par Edith Piaf, par Albin de la Simone, sur un tempo doux, un son un peu électro.

Je voulais partager avec vous une autre reprise d'Edith Piaf, la ravissante version de Padam Padam d'Arthur H. ; mais la seule version disponible (légalement) sur le net souffre d'un son abominable. Ce sera pour plus tard ...

dimanche 07 avril 2013 23:30 , dans Coups de coeur


|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à ladamedu4

Vous devez être connecté pour ajouter ladamedu4 à vos amis

 
Créer un blog